Battues le 14 janvier dernier en championnat (27-23), les Messines ont remis les pendules à l’heure. En quart de finale de la Coupe de France, Metz Handball a fait plier son rival brestois au terme d’un bras de fer irrespirable (37-35). Les Dragonnes, tenantes du titre depuis 2022, peuvent toujours rêver d’un nouveau sacre.
Un immense soupir de soulagement a traversé les Arènes. En fusion, le public a entonné un vibrant « Ici, ici, c’est Metz ! ». Sur le parquet, les joueuses d’Emmanuel Mayonnade ont laissé éclater leur joie, enlacées dans une ronde libératrice. Quarante-cinq jours après la désillusion de la Brest Arena en Ligue Butagaz Énergie, Metz Handball a répondu avec autorité, dans un choc d’une rare intensité.
Vyakhireva sur son nuage
Le décor était planté : engagement total, duels rugueux, tension permanente. D’entrée de match, Oriane Ondono donnait le ton avec un bloc autoritaire sur Léna Grandveau (4ème). Concentrées, déterminées, les deux formations se rendaient coup pour coup. Les joueuses se jetaient sur tous les ballons comme des mortes de faim. Sarah Bouktit en ramassait un sur une mauvaise transmission d’Anna Vyakhireva avant de donner quelques secondes plus tard l’avantage aux siennes (4-3, 9ème), dans des Arènes déjà incandescentes. Mais Brest, leader de LFH et dominateur en phase de groupes de Ligue des champions, a de la ressource. Portées par une Anna Vyakhireva inspirée (trois buts et deux passes décisives en dix minutes), les Rebelles prenaient la main (4-7, 13ème). Camille Depuiset, solide dans son but, prolongeait la dynamique finistérienne.
Le premier temps mort messin ne changeait pas immédiatement la donne. Malgré les arabesques de Johanna Bundsen et l’efficacité de Lucie Granier, Brest appuyait là où ça fait mal. Le talent de Vyakhireva et la vista de Pauletta Foppa creusaient l’écart (8-12, 20ème). Emmanuel Mayonnade devait interrompre une nouvelle fois le jeu. Cette fois, le message du sorcier messin passait. Défense resserrée, transitions mieux maîtrisées, Metz Handball revenait progressivement dans le sillage brestois (13-15, 25ème puis 18-20 à la pause). Mais Vyakhireva, intenable (six buts en première période), maintenait son équipe à flot.
Granier et Bouktit en patronnes
La reprise fut étouffante. Le match basculait dans une dimension presque irréelle. Enola Borg écopait de deux minutes, Johanna Bundsen repoussait un penalty d’Anna Gros, et Lylou Borg arrachait l’égalisation (20-20, 33ème). Les Arènes grondaient. Lucie Granier redonnait (enfin) l’avantage aux siennes (24-23, 38ème), forçant Raphaëlle Tervel à poser un temps mort. Les deux équipes se rendaient alors coup pour coup, dans un mano-a mano haletant. Chloé Valentini eut d’abord deux occasions de faire le break. La troisième fut la bonne (28-26, 48ème). Brest marquait le pas. Vyakhireva, mieux contenue, trouvait moins d’espaces. Metz Handball, lui, s’appuyait sur une Sarah Bouktit omniprésente pour creuser un écart décisif (30-27, 51ème). L’exclusion temporaire de Léna Grandveau n’inversait pas la tendance. Plus solides dans les moments clés, plus tranchantes dans les transitions, les Messines validaient leur billet pour les demi-finales avec une Lucie Granier des grands soirs (37-35, 60èmle).
Au-delà de la qualification, c’est aussi un ascendant psychologique que le club présidé par Thierry Weizman reprend avant le match retour de Ligue Butagaz Énergie, en mai prochain. Un nouveau rendez-vous majuscule. De ceux qui ne se racontent pas : ils se vivent.
Arnaud Demmerlé
Statistiques :
Gardiennes : Johanna Bundsen (11 arrêts sur 45 tirs) et Sabrina Novotna (0 arrêts sur 1 tir)
Joueuses : Chloé Valentini (6/8), Tyra Axnér (2/6), Suzanne Wajoka (0/0), Anna Albek (0/0), Anne-Emmanuelle Augustine (1/1), Xenia Smits (1/1), Betchaïdelle Ngombele (1/2), Sarah Bouktit (7/10), Lucie Granier (8/10), Léna Grandveau (4/8), Petra Vamos (2/2), Lylou Borg (5/6), Manon Errard (0/0).
Staff : Ekaterina Andryushina et Emmanuel Mayonnade

