Au terme d’un combat indécis jusqu’à la dernière seconde, Metz Handball a partagé les points avec Györ (34-34), ce samedi, lors de la cinquième journée de Ligue des Champions. Devant à la pause, puis distancées après l’exclusion de Chloé Valentini, les Dragonnes ont trouvé les ressources pour reprendre les commandes et longtemps cru tenir un succès de prestige en Hongrie. Mais Dione Housheer, auteure de dix buts, a arraché l’égalisation dans les dernières secondes.

Il y avait de quoi repartir avec mieux qu’un point. À seize secondes du terme, Metz Handball tenait son avantage (33-34) et pouvait frapper un grand coup dans l’antre de Györ, son adversaire de la dernière finale de la Ligue des Champions. Mais face à l’armada hongroise, une possession ne suffit jamais à garantir la victoire. Dione Housheer a trouvé une dernière fois la faille, laissant les Dragonnes avec un nul qui entretient leur invincibilité, mais aussi quelques regrets.

Trois jours après avoir fait tomber Brest au terme d’un Clasico âprement disputé (33-31), les joueuses d’Emmanuel Mayonnade ont en tout cas répondu présentes et redonner le sourire à leur entraîneur face à un poids lourd européen. Longtemps devant, distancées après la pause, puis revenues aux commandes malgré l’exclusion de leur capitaine, elles ont poussé Györ dans ses retranchements. Il n’aura finalement manqué que quelques secondes pour transformer cette prestation en victoire de référence.

Un premier acte à couteaux tirés

Les Messines n’ont pas tardé à prendre leurs marques. Portées par Petra Vamos, Chloé Valentini et Lucie Granier, elles comptaient rapidement trois longueurs d’avance (5-8, 9ème). Kristina Jørgensen, de retour dans une salle où elle avait évolué pendant deux saisons, trouvait elle aussi des solutions, avec quatre de ses cinq buts inscrits avant la pause. Mais Györ avait de quoi répondre. Dione Housheer ajustait la mire, Bruna De Paula accélérait le jeu et Sarah Bouktit, l’ancienne pivot messine, pesait dans les six mètres. Les Hongroises recollaient progressivement, profitant d’un premier acte où les attaques prenaient largement le dessus sur les défenses. Les gardiennes peinaient à enrayer la mécanique et les buts s’enchaînaient à un rythme soutenu. Dans ce duel offensif, Metz Handball parvenait néanmoins à garder la main. Chloé Valentini donnait même l’avantage aux siennes juste avant la sirène. À la pause, les Dragonnes menaient d’une courte tête (19-20, 30ème), au terme de trente minutes particulièrement prolifiques avec 39 buts inscrits.

Une expulsion qui change la donne

Le retour des vestiaires allait compliquer les affaires messines. Györ reprenait les commandes et les Dragonnes perdaient peu à peu leur fluidité. Un tir de Kristina Jørgensen stoppé par Zsófi Szemerey, un jet de sept mètres de Lylou Borg sur la barre : les occasions manquées s’accumulaient. Puis venait le tournant du match. À la 38ème minute, après consultation de la vidéo, Chloé Valentini était exclue définitivement pour une faute sur Victoria Györi-Lukacs qui ne méritait peut-être pas une telle sanction. Alors que le score était de 23-23, Metz Handball perdait sa capitaine et l’une de ses principales armes offensives. Györ en profitait pour prendre trois longueurs d’avance (28-25). Mais les Messines ne lâchaient pas prise. Emmanuel Mayonnade réajustait son dispositif et ses joueuses retrouvaient des solutions. Suzanne Wajoka, appelée à prendre davantage de responsabilités, sortait le grand jeu provoquait un passage en force. Léna Grandveau et Lucie Granier prenaient le relais en attaque, tandis que les Dragonnes resserraient les rangs derrière. En quelques minutes, l’écart était effacé (28-28, 47ème). Metz Handball reprenait même deux buts d’avance (29-31, 52ème). Malgré l’infériorité numérique et les temps faibles traversés après la pause, les championnes d’Europe avaient renversé la situation. L’exploit était à portée de main.

Housheer refroidit les espoirs messins

Györ n’avait toutefois pas dit son dernier mot. Une parade de Zsófi Szemerey, deux jets de sept mètres convertis par l’inévitable Dione Housheer et une interception d’Estelle Nze-Minko permettaient aux Hongroises de repasser devant (33-32). Dans les dernières minutes, Lylou Borg, déjà impeccable sur penalties face à Brest, gardait son sang-froid et permettait à Metz Handball de reprendre l’avantage à 16 secondes de la fin (33-34). Il ne restait plus qu’à défendre une dernière possession. La suite est connue : Dione Housheer, encore elle, trouvait l’ouverture pour arracher l’égalisation. Avec dix buts sur onze tentatives, l’arrière néerlandaise aura été le principal obstacle à la victoire messine.

Ce nul laisse forcément quelques regrets au regard du scénario. Metz Handball avait pourtant surmonté l’exclusion de sa capitaine et trouvé les ressources pour reprendre les commandes face à l’un des effectifs les plus impressionnants d’Europe. Toujours invaincues après cinq journées, les Dragonnes conservent la tête du groupe B, grâce à une meilleure différence de buts générale que Györ. Le calendrier ne leur laisse pas le temps de s’attarder sur ce résultat. Direction Besançon mercredi en Ligue Butagaz Énergie, avant la réception de Blomberg-Lippe aux Arènes samedi (18h). Avec, en ligne de mire, la suite d’une campagne européenne où les Messines ont déjà marqué les esprits. Le président Thierry Weizman l’a annoncé : son club vise le back-to-back. Au vu de ce qu’elles ont montré en Hongrie, les championnes d’Europe ont de solides arguments pour nourrir cette ambition.

Arnaud Demmerlé

Les statistiques :
Les gardiennes : Sabrina Novotna (7 arrêts sur 41 tirs) et Maëlle Landriau (0/0)
Joueuses : Chloé Valentini (4/5), Suzanne Wajoka (1/1), Yvana Atangana (0/0), Kristina Jørgensen (5/9), Lilou Pintat (2/2), Laura Schneider (0/0), Betchaïdelle Ngombele (1/2), Lyndie Tchaptchet Defo (2/2), Lucie Granier (6/9), Léna Grandveau (3/4), Petra Vámos (5/7), Lylou Borg (5/6) et Manon Errard (0/0).
Staff : Emmanuel Mayonnade et Ekaterina Andryushina