Le calendrier ne fait pas de cadeaux. À peine revenues de la trêve internationale, les Dragonnes retrouvent les affaires courantes, ce samedi 31 octobre, avec la réception de la JDA Dijon aux Arènes (18h), pour le compte de la 7ème journée de la Ligue Butagaz Energie. Un duel entre deux champions d’Europe en titre, pour une soirée d’Halloween où les Messines entendent bien jouer les mauvais tours aux Bourguignonnes de Clément Alcacer.

Les trêves internationales ont parfois un goût amer. Celle qui vient de s’achever a laissé quelques traces dans les rangs de Metz Handball. Et pas seulement de la fatigue dans les jambes. Alors que les Dragonnes avaient traversé les deux premiers mois de compétition à un rythme d’enfer, Emmanuel Mayonnade a vu deux nouvelles joueuses rejoindre une infirmerie qui commence à être bien fréquentée. Lylou Borg, l’une des grandes satisfactions de ce début de saison, souffre d’une fracture du pied et devrait manquer environ deux mois de compétition. Un sacré coup dur pour la jeune demi-centre, qui avait pris une nouvelle dimension dans le jeu messin. Autre mauvaise nouvelle, la blessure de Manon Errard, elle aussi particulièrement convaincante depuis plusieurs semaines. L’ailière droite a été victime d’une entorse de la cheville gauche, dont les conséquences devraient heureusement être moins lourdes. Les deux internationales rejoignent Anna Albek sur le flanc. De quoi donner quelques maux de tête à Emmanuel Mayonnade, même si le technicien messin dispose encore de sérieux arguments. Lucie Granier sera encore plus importante sur son aile, tandis que Petra Vámos, Léna Grandveau, voire même Kristina Jørgensen offrent autant de solutions pour pallier l’absence de Lylou Borg à la mène. De toute façon, le banc a suffisamment de profondeur pour ne pas transformer chaque blessure en catastrophe.

Un dernier coup de collier avant l’Euro

Pas question, pour autant, de s’apitoyer sur son sort. Le champion d’Europe a encore du pain sur la planche avant de laisser ses internationales rejoindre leurs sélections pour disputer l’Euro en décembre. Trois semaines à négocier, deux compétitions à mener de front et une première partie de saison à boucler sans perdre les bonnes habitudes prises depuis septembre. Pour l’heure, le bilan frôle la perfection. Six matches, six victoires en Ligue Butagaz Énergie. Cinq succès et un nul en six rencontres de Ligue des Champions, avec ce partage des points décroché sur le parquet de Györ (34-34), l’autre patron de la poule B.

Les Dragonnes ont repris leur place tout en haut de la hiérarchie nationale, avec déjà deux victoires d’avance sur leurs cinq poursuivants : Brest, Besançon, Dijon, Saint-Amand et Chambray. Avant la trêve, les Messines avaient passé 41 buts à Besançon, pourtant deuxième du championnat, pour une victoire sans discussion (22-41). Une démonstration qui en disait long sur l’écart séparant actuellement les championnes de France du reste de la meute. Dijon, autre membre de ce quintette de poursuivants, est prévenu, mais les Bourguignonnes ont suffisamment de caractère et de talent pour ne pas venir aux Arènes en victimes expiatoires.

Deux champions d’Europe, quelques vieilles connaissances

Car cette affiche a une saveur particulière. Au printemps dernier, Metz Handball décrochait la première Ligue des Champions de son histoire, tandis que la JDA Dijon soulevait la Ligue européenne. Deux clubs français sur le toit de l’Europe, chacun à son étage. Et deux équipes qui se connaissent particulièrement bien, à commencer par leurs entraîneurs. Sur le banc dijonnais, Clément Alcacer n’a rien d’un inconnu. Ancien responsable du centre de formation et entraîneur de la réserve messine, le technicien a laissé d’excellents souvenirs en Moselle. Meneur d’hommes, passionné et exigeant, il a largement contribué à la formation de plusieurs joueuses passées par la maison jaune et bleue. Son retour aux Arènes est toujours forcément particulier. Comme les retrouvailles pour Lilou Pintat et Anne-Emmanuelle Augustine, deux pivots qui ont échangé leurs maillots durant l’été. La première a quitté la Bourgogne pour rejoindre les championnes d’Europe, tandis que la seconde a fait le chemin inverse.

À Dijon, l’intersaison a d’ailleurs ressemblé à la fin d’une époque. Le retour au pays de la Danoise Nadia Offendal et la retraite de Gnonsiane Niombla, autre ancienne Messine, ont marqué les esprits. Clément Alcacer a dû reconstruire sans renier ses ambitions. Il peut toujours s’appuyer sur la précieuse Nina Dury, à l’aile gauche, mais aussi sur la Danoise Sine Lønborg, quatrième meilleure buteuse du championnat avec 34 réalisation et l’incontournable Déborah Lassource, déjà auteure de 30 buts. De quoi promettre quelques frissons aux Dragonnes en cette soirée d’Halloween. Même si, depuis le début de la saison, ce sont surtout leurs adversaires qui ont de quoi trembler…

Arnaud Demmerlé