Le premier sommet de la Ligue Butagaz Énergie. Leaders du championnat et toujours invaincues toutes compétitions confondues, les Dragonnes accueillent les Rebelles de Brest, deuxièmes au classement, ce mercredi 7 octobre aux Arènes (20 h). Un choc qui pourrait déjà permettre à Metz Handball de creuser l’écart sur son principal rival, dans un contexte forcément un peu pimenté par l’annonce de l’arrivée d’Henny Reistad en Bretagne la saison prochaine.

Il existe désormais une histoire évidente, une véritable rivalité entre Metz Handball et Brest Bretagne Handball. Des finales, des titres, des matches serrés, des joueuses passées d’un camp à l’autre et cette volonté, chez les deux clubs, de rester tout en haut du handball français et même en Europe. Depuis quelques saisons, le rendez-vous est devenu incontournable. Celui de mercredi soir, aux Arènes, sera le premier de la saison.

Il aurait déjà largement suffi à lui-même. Mais l’annonce de l’arrivée d’Henny Reistad à Brest l’été prochain est venue ajouter un peu de piment à une affiche qui n’en manquait pourtant pas. La meilleure joueuse du monde a choisi le BBH pour les trois prochaines saisons. Le club de Thierry Weizman a également tenté sa chance durant plusieurs mois avant de finalement s’incliner dans la bataille. La Norvégienne ne sera évidemment pas sur le parquet mercredi. Mais difficile de ne pas penser à elle au moment où les deux clubs se retrouvent face à face.

Huit sur huit pour les Dragonnes

Sur le terrain, Metz Handball arrive avec un bilan immaculé. Huit matches disputés depuis le début de la saison, huit victoires. Quatre en Ligue Butagaz Énergie : à Paris 92 (21-46) et à Toulon (28-43), contre Plan-de-Cuques (31-22) et Nice (41-19). Sur la scène européenne, les Dragonnes ont également réalisé le sans-faute, avec la manière : à Storhamar (32-23) et Podravka (24-35), face à Gloria Bistrița (40-26) et Nykøbing (36-25). Brest présente également un bilan européen parfait avec quatre victoires en quatre journées. Les Bretonnes ont successivement battu Sola (29-25), Dortmund (34-24), Budućnost (27-22) puis Krim (28-25), dimanche dernier. Elles occupent également la première place de leur groupe. En championnat, elles ont en revanche connu un accroc avec une défaite à Plan-de-Cuques (27-26). Une défaite qui explique que les deux équipes ne se présentent pas tout à fait avec le même bilan au moment de se retrouver pour la première fois de la saison.

Le contexte reste néanmoins le même : les deux clubs sont déjà installés en haut de l’affiche et aucun des deux ne veut céder du terrain à l’autre. Une victoire permettrait aux Dragonnes de prendre de l’avance sur les Rebelles. Rien de définitif, évidemment. D’autant plus que la saison régulière est longue et que le retour des play-offs changera la donne au printemps. Mais dans une confrontation directe, surtout celle-là, personne ne laissera passer l’occasion de prendre le dessus psychologiquement.

Des stars, des retrouvailles et un collectif messin

Il faudra aussi surveiller les individualités. Elles sont nombreuses côté brestois, malgré le départ à l’intersaison d’Ana Vyakhireva pour Odense. Tamara Horacek, Méline Nocandy et Camille Depuiset, pour ne citer qu’elles, connaissent parfaitement les Arènes pour y avoir porté le maillot messin. La première est déjà devenue l’une des pièces maîtresses du BBH. Recrue phare de l’été, la demi-centre en est déjà à 24 buts en quatre matches de Ligue des champions. Elle sera l’un des principaux dangers pour la défense messine, aussi bien pour sa capacité à scorer qu’à délivrer des caviars à la louche.

Mais Metz Handball est tellement impressionnant depuis le début de la saison qu’il s’avance avec des certitudes évidentes. Surtout, les Dragonnes ne fonctionnent pas avec sept joueuses titulaires et quelques remplaçantes chargées de faire souffler les premières. La richesse de ce groupe se trouve justement dans sa profondeur. Les unes peuvent prendre le relais des autres sans que le niveau de l’équipe ne s’effondre. Suzanne Wajoka et Manon Errard en sont une parfaite illustration sur les ailes et l’ont encore prouvé samedi dernier face à Nykøbing. Elles peuvent suppléer Chloé Valentini et Lucie Granier, mais aussi débuter et apporter immédiatement leur énergie et leur efficacité. Au poste de demi-centre, c’est peut-être encore plus flagrant. Petra Vamos et Léna Grandveau offrent des solutions de très haut niveau. Sans oublier Kristina Jorgensen, particulièrement efficace dans la dernière passe.

Au-delà des retrouvailles, du souvenir des confrontations sulfureuses de l’an dernier et de l’arrivée prochaine d’Henny Reistad en Bretagne, cette affiche arrive à point nommé. Brest a bien l’intention de rappeler que son titre de champion de France n’est pas arrivé par hasard. Metz Handball entend de son côté marquer les esprits, prendre encore un peu plus d’avance et prolonger son sans-faute. Avant de se tourner vers un autre défi, samedi, à Györ. Chaud bouillant !

Arnaud Demmerlé