Emmené par Sarah Bouktit, stratosphérique, Metz Handball a décroché, ce dimanche 24 mai, la quatorzième Coupe de France de son histoire, la cinquième de suite face à JDA Dijon (33-21), à l’Accor Arena de Paris. Un premier titre qui vient récompenser une nouvelle saison exceptionnelle des Dragonnes.

Une juste récompense. Metz Handball ne vivra pas une saison blanche et ajoute une nouvelle ligne à son incroyable palmarès. Cela aurait été tellement cruel et injuste pour l’équipe d’Emmanuel Mayonnade, seulement battue à trois reprises toutes compétitions confondues et qui est impressionnante sur la scène nationale comme européenne depuis septembre dernier. « On a laissé échapper un titre de champion de France, il faut se le dire. La Coupe de France était donc devenue une énorme priorité. Le club a besoin de gagner. Quand on signe à Metz, on s’engage dans une mission qui est celle de maintenir l’héritage. Il faut stabiliser le niveau de jeu, les compétences et les trophées », a déclaré, toujours avec cette lucidité qui le caractérise, le coach messin, lauréat de sa huitième Coupe de France à titre personnel, la septième avec le club de son président-ami Thierry Weizman.

Bouktit et Bundsen sur une autre planète

Metz Handball n’a pas tremblé pour décrocher sa cinquième Coupe de France de suite, après 2022 (33-23 contre Besançon), 2023 (37-24 contre Paris 92), 2024 (29-20 contre Dijon) et 2025 (32-18 contre Paris 92). Une performance inouïe qu’il ne faut surtout pas banaliser. Quelques semaines après leur démonstration en Bourgogne (23-42), en Ligue Butagaz Energie, les Dragonnes ont fait redescendre de leur petit nuage où étaient les Dijonnaises depuis leur sacre du week-end précédent en Ligue Européenne, sans pour autant les dominer outrageusement. La faute à un début de match « poussif » selon Emmanuel Mayonnade et à Manuella Dos Reis, l’ex-gardienne messine, sur la lancée de sa prestation XXL face à Thüringer.

Mais Metz Handball a pu faire la différence grâce à ses individualités. Tentaculaire dans ses cages, Johanna Bundsen était à 60% d’arrêts lors du premier acte pour 14 parades au total. Et que dire de la nouvelle performance de Sarah Bouktit. La vice-championne olympique est en mission en cette fin de saison avant rejoindre Györ cet été. Elle a marqué neuf des treize buts de son équipe en première mi-temps (13-7, 30ème) et a fini meilleure marqueuse de la rencontre avec 12 réalisations. « Cette Coupe, je la savoure, un peu plus que les années précédentes. On a tendance parfois à banaliser les victoires et j’avoue que j’avais envie d’en profiter à fond », a lâché la pivot messine.

Les malheurs de Dijon

Malgré toute sa bonne volonté et notamment la détermination de Nina Dury, cinq buts, la JDA Dijon n’a rien pu faire pour endiguer la vagues messines (21-8, 40ème). Il faut dire qu’elle était handicapée par les blessures (Niombla, Giegerich ou Offendal). Après Claire Vautier la veille, c’est Lilou Pintat qui a dû quitter ses partenaires, touchée à la cheville. C’était trop pour le club bourguignon qui a rendu les armes alors qu’Emmanuel Mayonnade a pu faire participer tout son groupe, à l’exception de Laura Schneider, pour qui c’était déjà une première victoire d’être sur la feuille de match après son double heureux événement.

Metz Handball peut désormais se tourner vers le Final Four, même s’il reste les deux derniers matchs de championnat cette semaine. « Je me sens prête à 100%. J’ai juste hâte que ça commence », a reconnu Sarah Bouktit alors qu’Emmanuel Mayonnade se montre, lui, plus pragmatique : « Une victoire lors de cette Coupe de France ne nous assure rien du tout au Final Four. Néanmoins les jours à venir nous amènent à y arriver plus sereins et plus tranquilles. » Encore deux semaines à attendre pour savoir si les Messines réussiront à concrétiser leur ambition de prolonger encore un peu plus cette saison déjà remarquable.

Arnaud Demmerlé

Les statistiques :

Les gardiennes : Johanna Bundsen (14 parades sur 28 tirs), Sabrina Novotna (3/10)

Les joueuses : Chloé Valentini (2/4), Tyra Axner (1/2), Suzanne Wajoka (0/2), Anna Albek (2/3), Anne-Emmanuelle Augustine (3/3), Laura Schneider (0/0), Betchaïdelle Ngombele (2/3), Sarah Bouktit (12/14), Lucie Granier (5/6), Léna Grandveau (1/3), Petra Vamos (0/0), Lylou Borg (1/2), Grâce Zaadi (3/3), Manon Errard (1/1).

Le staff : Ekaterina Andryushina et Emmanuel Mayonnade