Il existe des jours qui dépassent le sport. Des jours où une équipe ne joue plus seulement un match, mais une part de son histoire. Ce dimanche soir (18h), à Budapest, Metz Handball disputera la première finale de Ligue des Champions de son existence. Une première qui ressemble à un aboutissement, peut-être même davantage : à un rendez-vous avec le destin.
Pendant des années, les Dragonnes ont frappé à la porte. Elles ont collectionné les titres nationaux, dominé la France, construit une identité admirée dans toute l’Europe sous la houlette du sorcier Emmanuel Mayonnade. Mais il restait ce plafond de verre, ce Final Four qui résistait encore et encore. Quatre fois, Metz Handball était tombé à quelques pas du rêve. Quatre fois, la douleur avait accompagné le retour en Moselle. Alors la victoire de samedi contre le CSM Bucarest n’était pas seulement une qualification. C’était une libération, à l’image de son entraîneur, d’ordinaire si introverti, même dans la victoire, et à la joie extatique. Une équipe qui a enfin vaincu ses fantômes. Une équipe qui n’a jamais tremblé. Une équipe qui a joué comme jouent les grandes : avec maîtrise, personnalité et courage.
Le défi qui l’attend aujourd’hui est immense. En face se dresse Györ, double champion d’Europe en titre, l’ogre continental depuis une décennie. Györ et son armada. Györ et son public brûlant du MVM Dôme. Györ qui a pourtant vacillé samedi contre Brest (31-30), au bord du précipice avant de retrouver son équilibre sur le fil. Comme souvent dans les grandes histoires, les retrouvailles seront nombreuses. Bruna de Paula, Zsófi Szemerey, Hatadou Sako, Tjasa Stanko et Kristina Jørgensen connaissent la maison messine. Elles savent ce qu’est l’âme de ce club et ne feront pas le moindre cadeau. Pour toucher les étoiles, les joueuses d’Emmanuel Mayonnade devront résister à l’événement, ne pas jouer la finale avant l’heure, mais jouer leur handball. Elles devront aussi contrôler la puissance de Dionne Housheer, refuser les emballements, imposer leur rythme et leur discipline. Le club de Thierry Weizman devra aussi compter sur ses individualités : Chloé Valentini et son efficacité clinique, Sarah Bouktit, devenue l’une des joueuses les plus décisives d’Europe, Tyra Axnér et la jeunesse qui bouscule les hiérarchies et ,surtout, Johanna Bundsen. Samedi, la gardienne suédoise a livré une performance qui appartient déjà à la mémoire du club : dix-sept arrêts, trois buts et cette sensation troublante qu’aucun ballon ne pouvait lui échapper.
Metz Handball est aujourd’hui au sommet de sa montagne, la plus haute jamais gravie. Derrière lui, les années de travail, les désillusions, les larmes et les promesses. Devant lui, soixante minutes pour entrer dans l’éternité. Les grandes équipes rêvent de ce moment toute leur vie. Les plus grandes le saisissent. Ce dimanche, il ne sera plus question d’exploits, de statistiques ou de favoris. Il sera seulement question de cœur, de caractère et de mémoire. Parce que certains jours appartiennent aux reines. Et que celui-ci pourrait bien être le jour des Seigneures de Metz Handball.
Arnaud Demmerlé
LES ARBITRES & OFFICIELS
Cette demi-finale sera dirigée par les arbitres serbes Antic et Jakovljevic.
COMMENT SUIVRE LE MATCH ?
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Programme :
- Samedi 6 juin — Demi-finales
-15h00 : Metz Handball – CSM Bucarest
-18h00 : Brest Bretagne Handball – Győr Audi ETO KC - Dimanche 7 juin — Finales
-15h00 : Petite finale (match pour la 3e place) : Brest Bretagne Handball – CSM Bucarest
-18h00 : Finale : Metz Handball – Győr Audi ETO KC

