Metz Handball est champion d’Europe. En faisant tomber Györ dans son royaume du MVM Dôme de Budapest (31-29), les joueuses d’Emmanuel Mayonnade ont offert au club de Thierry Weizman la première Ligue des Champions de son histoire. Un exploit monumental, au terme d’un week-end qui a fait entrer les Dragonnes dans l’éternité.
Sarah Bouktit est à genoux. Les mains sur les yeux, la MVP du Final Four ne peut plus retenir ses larmes. Autour d’elle, ses coéquipières arrivent de toutes parts. Elles s’effondrent dans les bras les unes des autres. Elles pleurent, elles rient, elles crient. Des années d’attente, de travail, de sacrifices et d’espoir viennent de se transformer en un bonheur immense. Le tableau d’affichage est formel. L’histoire aussi. Metz Handball est champion d’Europe.
Bouktit exceptionnelle
Vingt-quatre heures après avoir enfin brisé le plafond de verre des demi-finales face au CSM Bucarest, les Dragonnes ont renversé la montagne, la plus haute de toutes : Györ, le double tenant du titre, Györ et son armada internationale, Györ et son public, Györ chez lui, dans un MVM Dôme de Budapest tout acquis à sa cause. Mais ce dimanche n’appartenait qu’à Metz Handball. Portées par une Sarah Bouktit monumentale, les Messines ont disputé la finale de leur vie. Face à son futur club, la pivot internationale française a livré un récital : neuf buts avant la pause, douze au total, et cette impression permanente de pouvoir faire basculer chaque action. Pour son dernier week-end européen sous le maillot messin, elle a signé l’une des plus grandes performances de l’histoire du club.
Autour d’elle, Léna Grandveau a dirigé le jeu avec une maîtrise remarquable, Lucie Granier et Betchaïdelle Ngombele ont livré un combat héroïque en défense et Johanna Bundsen a encore sorti les arrêts qui font basculer les grandes finales. Et lorsque Györ a tenté de revenir dans le money-time comme la veille face à Brest, la jeunesse messine a répondu présente. À l’image de Tyra Axnér, précieuse dans les moments décisifs, ou de Lylou Borg, symbole de cette génération décomplexée qui joue les grands rendez-vous avec un courage et une maturité hors du commun.
Le coaching gagnant d’Emmanuel Mayonnade
Car Metz Handball a longtemps eu la main sur cette finale. Les Dragonnes ont viré en tête à la pause (18-17) avant de prendre leur envol pour mener de six longueurs (30-24). Mais un champion ne renonce jamais facilement. Portées par Bruna de Paula et Tjasa Stanko, les Hongroises ont lancé une ultime offensive. Le MVM Dôme s’est embrasé et le doute a tenté de s’inviter dans les esprits messins.
Mais cette équipe avait trop souffert pour laisser passer sa chance. Trop de vécu, trop de caractère, trop d’amour les unes pour les autres pour voir ce rêve s’échapper. Emmanuel Mayonnade a signé un week-end parfait. Fort de l’expérience et des désillusions accumulées lors des précédents Final Four, l’entraîneur messin a trouvé les réponses tactiques à chaque défi : il est le grand architecte de ce sacre continental.
Une promesse devenue éternité
Et si cette victoire est si belle, c’est aussi parce qu’elle est née dans la douleur du vestiaire, après la frustration du titre de champion de France perdu face à Brest au goal-average particulier. Cette déception n’a pas brisé le groupe : elle l’a soudé davantage encore, renforçant encore les liens entre les joueuses, le staff et tout un club. À Budapest, cette promesse a trouvé sa récompense. Ce dimanche 7 juin 2026 restera à jamais gravé dans l’histoire du sport français. Car au-delà de son premier sacre continental, Metz Handball est devenu le premier club français à remporter la Ligue des Champions féminine. Une performance immense qui dépasse les frontières de la Moselle et qui inscrit définitivement les Dragonnes parmi les plus grandes équipes du handball européen. Pour Thierry Weizman, c’est l’aboutissement de toute une vie consacrée à bâtir Metz Handball. Pour Sarah Bouktit, qui s’apprête à rejoindre Györ, la plus belle des sorties. Pour tout un club, une ville et des générations de supporters, c’est un rêve devenu réalité.
Pendant des années, Metz Handball a rêvé de cette Ligue des Champions. Ce soir, Metz Handball règne sur le toit de l’Europe.
Arnaud Demmerlé
Les statistiques :
Les gardiennes : Johanna Bundsen (6 arrêts sur 29 tirs) et Sabrina Novotna (2/8)
Les joueuses : Sarah Bouktit (12/15), Tyra Axner (3/8), Lucie Granier (3/5), Léna Grandveau (3/5), Petra Vamos (3/4), Chloé Valentini (2/4), Anna Albek (2/3), Anne-Emmanuelle Augustine (1/1), Lylou Borg (1/2), Grâce Zaadi (1/1), Suzanne Wajoka (0/1), Laura Schneider (0/0), Betchaïdelle Ngombele (0/0) et Manon Errard (0/0).
Le staff : Ekaterina Andryushina et Emmanuel Mayonnade

