À peine remises de leurs émotions après deux chocs face à Brest et Györ, les Dragonnes reprennent déjà la route. Ce mercredi (20h), Metz Handball se déplace à Besançon pour le compte de la sixième journée de la Ligue Butagaz Énergie. Un duel entre les deux premières équipes du classement, avec l’ambition pour les championnes d’Europe de poursuivre leur sans-faute face à l’une des belles surprises de ce début de saison.
Pas le temps de souffler. Encore moins de savourer. Le calendrier ne fait aucun cadeau aux joueuses d’Emmanuel Mayonnade, engagées dans une course contre la montre depuis le début de saison. Après une semaine particulièrement éprouvante, marquée par une victoire au forceps contre Brest (33-31) et un nul de très haute tenue sur le parquet de Györ (34-34), les Messines enchaînent déjà avec un nouveau déplacement. Direction le Doubs, cette fois, avant de retrouver les Arènes samedi pour la réception de Blomberg-Lippe en Ligue des Champions. Quatre matches en onze jours, dont trois face à des adversaires de premier plan. Le programme est copieux.
Mais les Dragonnes ont de la ressource. Face à Brest, elles ont su serrer les dents pour faire plier leur principal rival national. En Hongrie, elles ont encore franchi un cap dans la manière, passant tout près d’un succès de prestige chez le septuple champion d’Europe, malgré l’exclusion de Chloé Valentini. Deux prestations qui en disent long sur le caractère et les ambitions d’un groupe qui n’a visiblement rien perdu de son appétit. Metz Handball a montré qu’il serait un sérieux candidat à sa propre succession sur la scène européenne. Même si les trophées ne se distribuent pas en octobre et que les vérités de l’automne ne seront pas forcément celles du printemps. En attendant, il faut remettre le bleu de chauffe. Leaders de la Ligue Butagaz Énergie, toujours invaincues toutes compétitions confondues, les Messines ont un statut à défendre et une première place à consolider. Avec, cette fois, un adversaire qui ne doit surtout pas être pris à la légère.
Besançon, la surprise du chef
Qui aurait imaginé retrouver Besançon à pareille fête après cinq journées ? Huitièmes du dernier championnat, les joueuses de Jérôme Delarue occupent aujourd’hui la deuxième place, avec quatre victoires en cinq rencontres. Seul Brest est parvenu à les faire tomber, lors de la journée inaugurale (28-21). Depuis, les Franc-Comtoises ont enchaîné quatre succès, dont un particulièrement probant à domicile contre Chambray (28-24). Elles ont ensuite fait respecter la hiérarchie à Stella Saint-Maur (22-36), face à Saint-Amand (26-25), puis sur le parquet de Paris 92 (25-35). Une dynamique qui redonne quelques couleurs à un club longtemps habitué aux premiers rôles. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, les confrontations entre Metz et Besançon faisaient partie des grands rendez-vous du handball féminin français. Les temps ont changé, les moyens aussi. Mais l’ESBF semble avoir retrouvé de l’ambition, portée par un recrutement judicieux et un collectif qui a rapidement trouvé ses marques.
Pour Emmanuel Mayonnade, ce déplacement pose également la question de la gestion des organismes. L’entraîneur messin a l’habitude de répartir les temps de jeu et de faire tourner son effectif lorsque le calendrier l’exige. Après deux rencontres particulièrement exigeantes, certaines cadres pourraient-elles souffler ? Le technicien aura forcément cette donnée en tête, d’autant que Blomberg-Lippe se présentera aux Arènes dès samedi. Mais pas question pour autant de sacrifier le championnat. Les Dragonnes savent qu’une saison se construit aussi dans ces déplacements où la fatigue peut rapidement devenir un adversaire supplémentaire.
Des visages connus et quelques dangers
Besançon possède suffisamment d’arguments pour poser des problèmes aux Messines. À commencer par l’inoxydable Sabrina Zazai-Özil, toujours aussi précieuse sur son aile et redoutable dans l’exercice des jets de sept mètres. Avec 34 réalisations, dont 17 sur 19 tentatives à sept mètres, elle pointe à la cinquième place des meilleures buteuses du championnat. À ses côtés, Juliette Faure n’a pas tardé à retrouver ses marques après son retour de Brest. La demi-centre française totalise déjà 26 buts, soit le douzième total de la Ligue Butagaz Énergie. Sans oublier l’arrière gauche suédoise Charité Mumbongo, autre atout offensif du collectif bisontin.
Les retrouvailles seront également au programme. Dans les buts, Ophélie Tonds, formée à Metz, réalise un début de saison remarqué, avec une moyenne de onze arrêts par rencontre. Ilona Di Rocco retrouvera elle aussi son ancien club. Dans l’autre camp, Chloé Valentini, Lucie Granier et Suzanne Wajoka connaissent parfaitement la maison bisontine pour y avoir évolué avant de rejoindre la Moselle. De quoi ajouter une petite saveur particulière à ce duel de haut de tableau.
Reste à savoir si Besançon sera capable de tenir la cadence imposée par les championnes d’Europe. Depuis le début de saison, Metz Handball avance à un rythme impressionnant et n’a toujours pas connu la défaite. Une invincibilité que les Dragonnes aimeraient étirer le plus longtemps possible, comme lors de la saison 2024-2025. Mais avant de penser aux records et aux échéances du printemps, il faudra négocier ce déplacement chez un dauphin qui n’a certainement pas l’intention de dérouler le tapis rouge. Le piège est identifié. Aux Messines de l’éviter.
Arnaud Demmerlé

