Largement remanié et rajeuni après la Coupe de France et avant le Final Four de la Ligue des Champions, Metz Handball s’est imposé d’un souffle à Plan-de-Cuques (31-32), ce mercredi 28 mai, lors de la 25ème et avant-dernière journée de Ligue Butagaz Energie.
Metz Handball ne sera sans doute pas champion de France, sauf effondrement totalement improbable du Brest Bretagne Handball lors de l’ultime journée. Une immense frustration pour un groupe qui continue malgré tout d’avancer à pleine vitesse vers ce qui obsède désormais tout le club : le Final Four de la Ligue des Champions. Trois jours après l’euphorie de « Bercy » et une cinquième Coupe de France consécutive soulevée dans une Accor Arena encore teintée de jaune et bleu, les Dragonnes ont replongé dans le quotidien brutal de cette fin de saison. Direction Marseille mercredi soir pour y affronter Plan-de-Cuques dans un contexte totalement atypique.
Emmanuel Mayonnade n’avait d’ailleurs pas hésité à trancher. Johanna Bundsen, Chloé Valentini, Sarah Bouktit, Lucie Granier, Léna Grandveau ou encore Tyra Axnér étaient laissées au repos. Le technicien messin avait choisi de préserver ses cadres à dix jours du rendez-vous de Budapest, quitte à envoyer un groupe largement remanié dans le sud de la France. Sur la feuille de match, plusieurs jeunes du centre de formation venaient compléter un effectif réduit à l’essentiel : la gardienne Manuella Navarro, Clémence Castets, Nélya Goval et Yvana Atangana. Sans oublier l’expérimentée Laura Schneider, de retour aux affaires.
Metz joue avec le feu mais s’en sort
Dans cette configuration expérimentale, Metz Handball a pourtant plutôt démarré avec sérieux. Petra Vamos trouvait les premières ouvertures dans une défense provençale agressive. Mais très vite, le match s’est transformé en soirée piégeuse pour les Dragonnes. Parce que Plan-de-Cuques a joué sans complexe. Parce que l’équipe d’Emmanuel Mayonnade a rarement donné l’impression de maîtriser son sujet, surtout défensivement. Nele Antonissen a fait honneur à son statut de meilleure buteuse du championnat avec huit buts lors du premier acte pour quatorze au total. À la pause, le petit avantage (17-18) ressemblait davantage à un avertissement qu’à une démonstration de force.
Le scénario semblait pourtant se clarifier au retour des vestiaires. Sabrina Novotna réalisait plusieurs arrêts importants, Betchaïdelle Ngombele apportait de l’impact et Metz Handball prenait enfin trois longueurs d’avance (19-22, 35ème). Mais les Dragonnes ont brutalement calé et Plan-de-Cuques s’est engouffré dans toutes les brèches, pour prendre les commandes à l’entrée du money-time (27-25, 48ème). Les cadres du jour ont alors repris le contrôle du bateau qui tanguait. Anna Albek a tenu les Messines en vie sur penalty, Manon Errard a inscrit un but capital et Petra Vamos a remis de l’ordre dans une attaque devenue fébrile. Sans briller, sans dominer, mais avec suffisamment de maîtrise dans les dernières possessions, les Messines ont finalement arraché une victoire précieuse (31-32, 60ème).
Une dernière aux Arènes avant les larmes
Avant Budapest, il reste encore un dernier chapitre de championnat à écrire dimanche aux Arènes face à Strasbourg. Sportivement, l’enjeu sera limité. Émotionnellement, il sera immense. Cette dernière sortie à domicile aura des allures de cérémonie d’adieux pour plusieurs joueuses majeures de l’effectif messin. Sarah Bouktit disputera notamment son dernier match de championnat sous les couleurs de Metz Handball. Une page importante va se tourner pour le club, tant l’internationale française a marqué ces dernières saisons par sa puissance, son efficacité et sa personnalité. D’autres départs viendront également bouleverser les Arènes comme ceux de Johanna Bundsen, Grâce Zaadi, Anne-Emmanuelle Augustine ou Tyra Axnér. Même sans les célébrations autour du titre, l’occasion sera belle de célébrer comme il se doit les Dragonnes d’un jour, Dragonnes toujours.
Arnaud Demmerlé
Les statistiques :
Les gardiennes : Sabrina Novotna (5 parades sur 37 tirs), Manuella Navarro (0/0)
Les joueuses : Nélya Goval, Suzanne Wajoka (4/7), Anna Albek (5/7), Yvana Atangana (0/1), Anne-Emmanuelle Augustine (1/1), Laura Schneider, Betchaïdelle Ngombele (6/11), Petra Vamos (5/6), Lylou Borg (3/3), Grâce Zaadi (3/5), Clémence Castets (0/0), Manon Errard (5/7).
Le staff : Elaterina Andryushina et Emmanuel Mayonande

