Après Paris 92 et Plan-de-Cuques en championnat, puis Storhamar en Ligue des Champions, les Messines retrouvent les Arènes avec l’ambition de poursuivre leur sans-faute face à Nice, ce mercredi 9 septembre (20h). Un troisième rendez-vous en Ligue Butagaz Energie pour continuer à prendre la mesure d’une équipe qui a changé de visages cet été, mais qui semble déjà avoir retrouvé son tempo.

Il y a des lendemains de sacre qui s’étirent, des retours sur terre parfois laborieux après avoir touché les sommets. Trois mois après avoir conquis l’Europe pour la première fois de son histoire, Metz Handball a choisi de ranger, sans perdre de temps, les médailles à la maison, les images et les souvenirs dans un coin de sa tête et de remettre le bleu de chauffe pour repartir de l’avant dans cette nouvelle saison. Paris 92 en a fait les frais dès l’ouverture du championnat, avec 46 buts encaissés (21-46). Plan-de-Cuques a résisté davantage avant de céder à son tour (22-31). Et puis il y a eu Storhamar, en Norvège, pour le retour des Dragonnes en Ligue des Champions. Là encore, une victoire nette (23-32) et cette impression persistante que le champion d’Europe a déjà retrouvé ses bonnes habitudes.

Un ADN conservé

Pourtant, les repères auraient pu être autrement plus difficiles à retrouver. Car l’équipe qui se présente aujourd’hui n’est plus exactement celle qui avait soulevé le trophée européen au printemps. Sarah Bouktit, meilleure pivot du monde, est partie. Johanna Bundsen, l’une des grandes références internationales dans les cages, également. Grâce Zaadi, Tyra Axner et Xenia Smits ont aussi migré sous d’autres cieux. La reconstruction, annoncée, prend finalement moins de temps même s’il y a encore des choses à améliorer. Lilou Pintat et Lyndia Tchapchet Defo découvrent encore les exigences du poste de pivot et les automatismes restent forcément à affiner. Les transmissions, les timings, les complicités avec les arrières : tout cela demande du temps. Mais le collectif, lui, n’a pas attendu que toutes les pièces soient parfaitement emboîtées pour avancer. Il a conservé ce qui faisait sa force : cette faculté à défendre haut, à mettre la pression sur le porteur de balle et, dès que l’occasion se présente, à se projeter à toute allure vers le but adverse. Metz Handball continue de courir, parfois avant même que l’adversaire ait eu le temps de comprendre qu’il venait de perdre le ballon. Une récupération et tout peut basculer. Une relance, quelques passes, et le danger est déjà dans l’autre camp. Dans les cages, Sabrina Novotna, propulsée gardienne numéro un après le départ de Bundsen et la blessure de Gabriela Moreschi, a montré suffisamment de caractère et de présence pour laisser penser qu’elle pouvait assumer le costume lors de la victoire à Storhamar, face à qui elle a même été désignée MVP.

Da Cruz, l’éclosion américaine

Nice arrive aux Arènes avec un bilan plus contrasté. Les Azuréennes avaient parfaitement lancé leur saison en s’imposant à Stella Saint-Maur (24-34), avant de tomber à Saint-Amand (23-27). Ehsen Abdelmalek, l’inoxydable, est toujours là, avec cette expérience qui ne se démode pas. Tout comme Marine Dupuis. Mais les regards se porteront forcément sur une joueuse beaucoup plus jeune et encore méconnue : Isabela Da Cruz. À seulement 20 ans, l’arrière droite américaine a démarré la saison pied au plancher. Quatorze buts en deux rencontres, à 70 % de réussite : les chiffres parlent pour elle et l’ont déjà installée dans le Top 10 des buteuses de la Ligue Butagaz Energie. Un classement où l’on retrouve également une Messine, et pas n’importe laquelle. Avec douze réalisations, Chloé Valentini, la capitaine, a aussi parfaitement négocié son entrée dans la saison. Nice a-t-il les moyens de bousculer les Dragonnes ? C’est tout l’enjeu pour les visiteuses face à des Mosellanes qui auront à cœur de proposer, elles, une nouvelle démonstration à la maison.

Les Arènes et les supporters messins vont pouvoir profiter cette semaine d’une double dose de Metz Handball. Nice ce mercredi, puis déjà Gloria Bistrița dimanche, pour les retrouvailles avec la Ligue des Champions. Deux matches à domicile, deux atmosphères différentes, mais la même exigence : continuer à avancer, à gagner et à semer les belles promesses déjà entrevues.

Arnaud Demmerlé