Quatre matches, quatre victoires. Metz Handball continue son sans-faute en ce début de saison. Quatre jours après avoir frappé fort à Storhamar en Ligue des Champions et quatre jours avant de retrouver les Arènes pour la réception de Gloria Bistrita, les Dragonnes ont récité leur handball face à Nice (41-19), ce mercredi soir. Une démonstration sans trembler, menée tambour battant, qui permet surtout aux Messines de prendre seules les commandes de la Ligue Butagaz Energie.

Il y avait pourtant de quoi redouter le contrecoup. Un déplacement européen en Norvège quatre jours plus tôt, un nouveau match de championnat dans la foulée et, déjà, une autre échéance continentale en ligne de mire. Dans cette semaine à trois rendez-vous, Emmanuel Mayonnade devait gérer ses forces. Il l’a fait sans jamais sacrifier l’ambition. Anna Albek, meilleure buteuse messine lors des deux dernières sorties face à Plan-de-Cuques et Storhamar, n’était même pas sur la feuille de match. Chloé Valentini, Lucie Granier et Léna Grandveau ont, elles, assisté aux soixante minutes depuis le banc.

Suzanne Wajoka irrésistible

Dès les premières minutes, les Azuréennes ont été prises à la gorge par le rythme messin. Une défense agressive, des ballons grattés, des montées de balle supersoniques : les Dragonnes ont rapidement transformé la rencontre en démonstration. Le premier temps mort niçois n’a rien changé. Le deuxième non plus. À ce moment-là, le match était déjà en train de basculer. À la pause, le tableau affichait un insolent 24-7. La messe était déjà dite pour les filles de Sébastien Mizoule.

L’intérêt d’une soirée comme celle-ci résidait aussi dans les minutes offertes aux joueuses moins sollicitées depuis le début de saison. Emmanuel Mayonnade leur avait ouvert la porte. Elles l’ont enfoncée. Sans leur capitaine Chloé Valentini et de Lucie Granier, les ailes messines ont continué de tourner à plein régime. Suzanne Wajoka a été la grande dame de la soirée. Jambes de feu, prises d’initiative et efficacité maximale, l’ailière gauche a livré un récital avec 11 buts sur 12 tirs. À l’autre aile, Manon Errard n’a pas été en reste, avec cinq réalisations en huit tentatives. Un message clair envoyé à la concurrence, mais surtout une excellente nouvelle pour Emmanuel Mayonnade. Lorsqu’il devra faire souffler ses cadres, les solutions sont là. Sur la base arrière, Kristina Jørgensen a également régalé. La Danoise n’a pas seulement été efficace (7 buts sur 7 tirs), elle a surtout distribué le jeu avec cette capacité à voir les espaces avant tout le monde. Ses passes ont régulièrement mis la défense niçoise hors de position. Petra Vámos a, elle, rendu sa meilleure copie depuis le début de saison avec 7 buts sur 8 tentatives. Précise, inspirée, capable d’accélérer quand il le fallait : elle a été l’une des principales architectes du festival offensif messin. Dans les cages, Sabrina Novotná a elle aussi confirmé. Déjà très en vue à Storhamar, la Tchèque a écœuré les Niçoises en première période avec 9 arrêts sur 16 tirs. Elle a ensuite laissé sa place à Maëlle Landriau, qui a poursuivi le travail avec deux parades sur quatorze tentatives.

Autre motif de satisfaction : la montée en puissance des pivots. Lilou Pintat, sur sa seule tentative, a trouvé le chemin des filets. Lyndie Tchapchet-Defo, elle, a signé un impeccable 3/3. Les automatismes se construisent et la profondeur de l’effectif messin commence à prendre tout son sens. Car même avec un sept largement remanié, Metz n’a jamais relâché son emprise. Le score a continué de grimper, jusqu’à franchir la barre symbolique des quarante buts (41-19, 60ème).

Metz Handball seul en tête

Cette victoire autoritaire a une double valeur. Elle permet d’abord aux Dragonnes de poursuivre leur sans-faute en championnat. Trois journées, trois victoires, après les succès obtenus face à Paris 92 et Plan-de-Cuques. Avec quatre victoires en quatre matches toutes compétitions confondues, le champion d’Europe affiche déjà une impressionnante régularité. Mais la soirée a réservé une deuxième bonne nouvelle aux Dragonnes. Le voisin de Strasbourg Achenheim Truchtersheim s’est incliné à Chambray (28-22), tandis que Brest, le champion de France en titre et grand rival, a chuté dans les dernières secondes sur le parquet de Plan-de-Cuques (27-26).

Metz Handball est désormais la seule équipe de Ligue Butagaz Energie à compter trois victoires après trois journées. Une belle opération comptable, donc, mais surtout un début de saison qui confirme les premières impressions : le club de Thierry Weizman carbure à déjà plein régime et semble disposer d’une profondeur d’effectif particulièrement précieuse dans cette saison où les échéances vont s’enchaîner. D’ailleurs, il faudra remettre le couvert dès dimanche. Cette fois, le décor sera européen. Pour la première fois de la saison, les Arènes retrouveront leurs championnes d’Europe. Face à Gloria Bistrita, les enjeux seront d’un tout autre calibre. Metz Handball pourra aborder ce premier vrai test de la saison avec le plein de confiance, quatre victoires dans les valises et, surtout, la certitude que toutes les forces vives de son effectif sont prêtes à répondre présent. Vivement dimanche !

Arnaud Demmerlé

 

Les statistiques

Les gardiennes : Maëlle Landriau (2 arrêts / 14 tirs) et Sabrina Novotná (9 arrêts / 16 tirs)

Les joueuses : Chloé Valentini (0/0), Suzanne Wajoka (11 buts / 12 tirs), Yvana Atangana (0/1), Kristina Jørgensen (7/7), Lilou Pintat (1/1), Laura Schneider (2/3), Betchaïdelle Ngombélé (2/5), Lyndie Tchapchet-Defo (3/3), Lucie Granier (0/0), Léna Grandveau (0/0), Petra Vámos (7/8), Lylou Borg (3/4) et Manon Errard (5/8).

Staff : Ekaterina Andryushina et Emmanuel Mayonnade