Il y aura des retrouvailles, de l’émotion et surtout un sacré match de handball, ce dimanche (16h), aux Arènes. Invaincu depuis le début de la saison, Metz Handball accueille Odense, son bourreau de la demi-finale de la Ligue des Champions 2025. Un choc entre deux prétendants au Final Four, avec, en toile de fond, les retours de Johanna Bundsen et Louise Vinter Burgaard. Et l’occasion pour les Dragonnes de réaliser une première moitié de campagne européenne presque parfaite.

Les semaines se suivent et le niveau d’exigence ne cesse de grimper. Après avoir écarté Dijon (38-25), puis dû batailler pour venir à bout de Chambray (32-24) en Ligue Butagaz Energie, Metz Handball s’apprête à disputer son troisième match en huit jours. Mais cette fois, les Dragonnes changent de décor et de dimension. Place à la Ligue des Champions, à ses grandes affiches et à ses retrouvailles qui réveillent quelques souvenirs. Odense débarque aux Arènes, dix-sept mois après avoir brisé les rêves européens des Messines dans une demi-finale au scénario improbable (31-29 après prolongation), à Budapest. Ce jour-là, Metz avait laissé filer une qualification pour la finale qui lui semblait pourtant promise. Une immense désillusion, longtemps restée en travers de la gorge.

Depuis, beaucoup de choses ont changé. Metz Handball a pris sa revanche sur l’histoire en décrochant, au printemps dernier, la première Ligue des Champions de son histoire. Les Dragonnes ont changé de statut et rêvent désormais du « back to back ». Toujours invaincues cette saison, elles avancent avec la même régularité sur les scènes nationale et européenne, malgré une infirmerie qui ne désemplit pas. Face à Chambray, mercredi, il leur a fallu puiser dans leurs ressources pour repousser un adversaire particulièrement accrocheur. Un avertissement sans frais, mais aussi une bonne répétition avant de retrouver une formation danoise qui possède suffisamment de talent pour leur poser de sérieux problèmes.

Des retrouvailles qui ne laisseront personne indifférent

Il y aura forcément un peu plus que du handball, ce dimanche, aux Arènes. À commencer par le retour de Johanna Bundsen. La gardienne suédoise n’est restée qu’une saison en Moselle. Une seule, mais quelle saison ! Arrivée pour succéder à Cléopâtre Darleux, elle a rapidement conquis les cœurs et les tribunes, jusqu’à devenir l’une des grandes artisanes du sacre européen. Ses arrêts décisifs, son tempérament et son sourire ont accompagné Metz Handball jusqu’au sommet de l’Europe. Quelques mois après avoir soulevé le trophée sous le maillot jaune et bleu, la voilà de retour dans une salle qui ne l’a pas oubliée. Cette fois, il faudra essayer de la battre.

Et puis, il y a sa Majesté Louise Vinter Burgaard. Une joueuse à part dans l’histoire récente du club, autant pour son immense talent que pour sa personnalité. L’arrière danoise a laissé en Moselle bien davantage que des statistiques et des souvenirs de victoires. Une empreinte humaine, une élégance et un attachement réciproque qui ont résisté à son départ. Pour la première fois depuis ses adieux aux Arènes, elle retrouve son ancien jardin. Elle a même fait le voyage avec sa famille. Comme si ce retour ne pouvait pas se résumer à soixante minutes de handball. L’émotion promet d’être au rendez-vous.  Une troisième ancienne Messine aurait également pu être de la fête. Xenia Smits, devenue maman, ne sera pas de ce voyage.

Odense a retrouvé des couleurs

Sur le terrain, en revanche, les sentiments seront vite rangés au vestiaire. Car cette confrontation pourrait peser lourd dans la course aux deux premières places de la poule B, synonymes de qualification directe pour les quarts de finale. Avec cinq victoires et un match nul, décroché à Györ (34-34), Metz Handball partage la tête du groupe avec le club hongrois. Un succès ce dimanche permettrait aux Dragonnes de boucler la phase aller avec un bilan remarquable, tout en prenant une sérieuse option sur un concurrent direct. D’autant que les deux formations se retrouveront dès le week-end prochain au Danemark.

Odense, justement, n’a pas connu le même début de campagne. Finaliste de la Ligue des Champions 2025, le club danois a traversé une période particulièrement compliquée, marquée par un nul face à Nykøbing (27-27), des défaites contre Gloria Bistrita (27-24) et Storhamar (23-26), et le départ précipité de son entraîneur Jakob Vestergaard. Mais le changement de banc, avec l’arrivée d’Ole Erevik, semble avoir produit son effet. Les Danoises ont retrouvé des couleurs, de la confiance et une partie de leur efficacité. Leur courte défaite face à Györ (31-32), après avoir longtemps malmené le vice-champion d’Europe, en dit long sur leur regain de forme.

Il faut dire que l’effectif possède quelques sacrés arguments. À commencer par Anna Vyakhireva, l’ancienne Brestoise, l’une des joueuses les plus talentueuses de sa génération. La Tsarine russe, capable de faire basculer une rencontre sur une inspiration, monte progressivement en puissance sous ses nouvelles couleurs. À ses côtés, la jeune arrière droite allemande Viola Leuchter possède un bras redoutable, tandis que la pivot néerlandaise Romée Maarschalkerweerd et l’ailière droite norvégienne Tina Abdulla apportent d’autres solutions à une équipe qui ne manque ni de puissance ni de vitesse.

Un premier tournant européen

Après avoir tenu tête à Györ sur ses terres, les Dragonnes ont l’occasion de repousser un autre prétendant au Final Four et de conforter leur position au sommet du groupe. Une victoire leur offrirait également un avantage psychologique appréciable avant le déplacement au Danemark, dans une semaine. Mais il faudra sans doute montrer autre chose que mercredi face à Chambray. Plus de constance, davantage de rigueur et une efficacité de tous les instants face à une équipe qui possède les armes pour sanctionner la moindre baisse de régime. Emmanuel Mayonnade le sait mieux que personne. Son équipe a beau avoir pris l’habitude de gagner, rien n’est jamais acquis à ce niveau.

Dimanche, les Arènes retrouveront donc deux joueuses qui ont contribué à écrire quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du club. Il y aura des sourires, des souvenirs et peut-être quelques larmes. Mais lorsque le coup d’envoi sera donné, les Dragonnes n’auront plus qu’une idée en tête : poursuivre leur formidable série et rappeler à Odense que, depuis Budapest, les choses ont bien changé. Cette fois, le champion d’Europe, c’est Metz Handball.

Arnaud Demmerlé