Trois ans après son élimination au même stade de la compétition, face au même adversaire, Metz Handball a pris une éclatante revanche face au FTC-Rail Cargo Hungaria. Après le match nul du match aller (31-31), l’équipe d’Emmanuel Mayonnade n’a pas tremblé et sorti le grand jeu lors du quart de finale retour (31-28), ce samedi 25 avril aux Arènes, pour composter son billet pour la troisième année de suite pour le MVM Dôme de Budapest, théâtre du prestigieux EHF FINAL4 de la Ligue des Championnat. Historique. Magique. Juste kiffant.

Elles sautent. Elles hurlent. Elles s’effondrent dans les bras les unes des autres, submergées par l’émotion et l’instant. Au coup de sifflet final, les joueuses de Metz Handball laissent exploser une joie pure, incontrôlable, presque irréelle. D’ordinaire peu démonstratif, Emmanuel Mayonnade savoure intérieurement, puis tombe dans les bras de son président et ami Thierry Weizman. Autour d’eux, les Arènes grondent, vibrent, tremblent. Une clameur assourdissante, une chaleur incandescente. Un grand samedi de bonheur.

Metz Handball au rendez-vous de son histoire

Ce genre de soirée ne s’explique pas. Elle se vit. Elle s’arrache. Elle se grave. Au cœur des grandes campagnes européennes, il y a toujours ce moment charnière. Celui où tout bascule. Celui où un groupe cesse de regarder derrière lui pour ne penser qu’au sommet. Metz Handball y est. Et Metz Handball l’a franchi. En dominant une formation de FTC-Rail Cargo Hungaria aussi rugueuse qu’expérimentée, les Dragonnes se hissent une nouvelle fois parmi les quatre meilleures équipes du continent. Direction l’EHF FINAL4, au MVM Dôme de Budapest. Une terre devenue familière, presque naturelle, pour un club qui ne cesse de repousser ses propres limites malgré un budget loin d’être extensible. Cinquième qualification. La troisième consécutive. Ce n’est plus un exploit isolé, c’est une signature.

Une bataille, une réponse

Il fallait gagner. Peu importe la manière. Et Metz Handball a répondu présent. Dans un match retour étouffant, très tendu du début à la fin, les Messines ont fait parler leur résilience. Comme à l’aller, où l’égalisation au buzzer d’Emily Vogel avait laissé un goût amer (31-31), il a fallu composer avec la pression, avec l’impact physique, avec l’expérience adverse et la vista retrouvée de Petra Simon, auteure de quatre buts en l’espace d’un quart d’heure et onze au total. Mais cette fois, et contrairement il y a trois ans, le scénario a changé. Cette fois, Metz Handball n’a pas laissé passer sa chance et n’a rien laissé.
Portées par une Johanna Bundsen impériale dans les cages, par l’activité incessante de Léna Grandveau, par la puissance de Sarah Bouktit, la détermination de Tyra Axnér et les ailières, les Dragonnes ont su accélérer au bon moment. Le tournant de la rencontre ? L’expulsion temporaire de Dragana Cvijic (23ème), suivie de deux buts d’affilée de grande classe de Chloé Valentini (15-12, 25ème). FTC a perdu pied et n’a plus mis un but pendant neuf minutes. Peu en verve au match aller, Tyra Axnér sortait, elle, le grand jeu avec cinq buts lors du premier acte. Johanna Bundsen se transformait en muraille infranchissable et les Dragonnes viraient à la mi-temps avec une avance confortable (18-12, 30ème).

Malgré une entame de seconde période délicate (18-15, 35ème), Metz Handball n’a pas vu ressurgir ses démons de 2023 et a pu compter sur Tyra Axnér, toujours sur son nuage, Sarah Bouktit, hermétique à la pression et les flèches de sa capitaine Chloé Valentini (24-20, 42ème). La formation de Jesper Jensen n’a rien lâché et on peut lui rendre hommage, obligeant Emmanuel Mayonnade à prendre un temps mort après quatre attaques de suite sans succès (25-22, 48ème). Les Hongroises ont même eu les ballons pour revenir à un but, notamment Emily Vogel face aux cages désertées par Johanna Bundsen (28-26, 57ème). Mais c’est bien le club dirigé par Thierry Weizman qui prend une éclatante revanche (31-28, 60ème), s’envolera pour Budapest et sera au MVM Dôme les 6 et 7 juin. Ici, ici, c’est Metz !

Arnaud Demmerlé

Les statistiques :

Les gardiennes : Johanna Bundsen (15 parades sur 41 tirs), Sabrina Novotna (0/2)
Les joueuses : Chloé Valentini (6/7), Tyra Axnér (8/11), Suzanne Wajoka (0/0), Anna Albek (0/0), Yvan Atangana (0/0), Anne-Emmanuelle Augustine (0/0), Betchaïdelle Ngombele (0/0), Sarah Bouktit (7/10), Lucie Granier (3/4), Léna Grandveau (3/5), Petra Vamos (3/4), Lylou Borg (0/0), Grâce Zaadi (1/1) et Manon Errard (0/0).
Le staff : Emmanuel Mayonnade et Ekaterina Andryushina