Longtemps devant et globalement maîtrisé, le quart de finale aller de Ligue des champions entre FTC-Rail Cargo Hungaria et Metz Handball (31-31) laisse un goût partagé aux joueuses d’Emmanuel Mayonnade. Entre solidité et frustration, les Dragonnes devront faire la différence lors d’un match retour qui s’annonce incandescent, ce samedi 25 avril aux Arènes (18h).

L’égalité est parfaite et ce n’est peut-être pas plus mal. Metz Handball n’aura ni à courir après le score pour combler son handicap ni à défendre une avance qui pourrait fondre au soleil en cas de contre-performance. Il devra absolument gagner à la maison pour franchir l’écueil des quarts de finale et disputer un troisième Final Four de suite au MVM Dôme de Budapest. Trois ans après son élimination improbable au même stade de la compétition, le club présidé par Thierry Weizman retrouvait FTC-Rail Cargo Hungaria avec, en toile de fond, ce souvenir encore tenace. À l’époque, les Messines avaient vu la qualification leur échapper dans des circonstances cruelles, encore dans toutes les mémoires. Face à des adversaires qu’elles connaissent (presque) par cœur et dans ce contexte lourd, les joueuses d’Emmanuel Mayonnade savaient à quoi s’attendre. Le FTC n’est pas seulement une équipe talentueuse, c’est aussi un bloc agressif, capable de faire dérailler n’importe quel collectif. Le défi était autant mental que tactique.

Metz impose son rythme malgré l’impact

Et sur ce point, Metz Handball a répondu présent. D’entrée, les Dragonnes ont posé leur empreinte sur la rencontre. Jeu rapide, circulation fluide, défense bien en place : la copie était propre. Malgré l’impact physique imposé par les Hongroises, les Messines ont su garder la tête froide, exploitant les espaces et trouvant des solutions dans le jeu placé (3-5, 10ème). L’agressivité du FTC n’a pas suffi à désorganiser l’équipe messine, malgré la perte rapide de Lylou Borg, évacuée sur une civière après un coup involontaire d’Emily Vogel à la tempe (13ème). Les partenaires de Chloé Valentini prenaient même quatre longueurs d’avance (11-15, 26ème) avant de voir les Hongroises revenir sur leurs talons à la mi-temps, sous l’impulsion de leur gardienne Blanka Böde-Biro, parfait relais de Laura Glauser et auteure notamment d’un double-arrêt de très grande classe sur Sarah Bouktit (14-15, 30ème).

Albek en chef d’orchestre, Böde-Bíró en rempart

La seconde période a été intense et épique (22-22, 44ème). Dans un match devenu plus tendu, plus serré, une joueuse a particulièrement émergé côté messin : Anna Albek. Inspirée, percutante, l’arrière droite hongroise, blessée au début du mois d’avril, a sorti une prestation XXL face à ses compatriotes avec six passes et des caviars à la louche pour Lucie Granier et, surtout, Sarah Bouktit, meilleure buteuse de la rencontre avec 10 réalisations. Mais en face, Blanka Böde-Bíró a également livré une prestation de très haut niveau (14 arrêts sur 33 tirs subis). La gardienne hongroise a enchaîné les arrêts décisifs, notamment dans les temps faibles de son équipe, empêchant Metz Handball de faire le break. Malgré les absences d’Orlane Kanor et Daria Dimitrieva, le FTC de Jesper Jensen n’a rien lâché, à l’image de ses valeurs sûres : Katrin Klujber (6 buts) ou Angela Malestein (4 buts).

À mesure que les minutes s’égrenaient, le duel s’est transformé en un chassé-croisé haletant, où chaque action pouvait faire basculer le match (29-29, 56ème). Suzanne Wajoka a tiré son épingle du jeu en attaque (5 buts) alors que Léna Grandveau a été précieuse des deux côtés du terrain alors que Johanna Bundsen n’a pas démérité dans ses cages avec 12 arrêts au total. Metz Handball a cru tenir l’avantage, à plusieurs reprises. Sans jamais parvenir à le sécuriser avant de finalement concéder l’égalisation par l’incontournable Emily Vogel (7 buts).

Tout reste ouvert avant un retour sous tension

Au final, ce nul (31-31) reflète assez bien l’équilibre des débats, surtout avec un arbitrage parfois « discutable ». Mais il laisse aussi une impression d’inachevé côté messin. Car il y avait la place pour mieux, pour faire un pas vers le Final Four. Rien n’est perdu, bien au contraire. Le retour, samedi aux Arènes de Metz, s’annonce bouillant. Dans une salle acquise à leur cause, les Dragonnes auront une occasion en or de faire la différence. Mais face à un FTC accrocheur et expérimenté, la marge reste infime.

Plus globalement, ces quarts de finale confirment leur densité. À l’exception du duel entre Györ Audi ETO KC et Odense Håndbold, qui semble déjà pencher du côté des doubles championnes d’Europe en titre, les autres confrontations restent ouvertes (victoires d’un but de Brest Bretagne Handball et Team Esbjerg, respectivement à Gloria Bistrita et face au CSM Bucarest). Celui entre Metz Handball et FTC en fait pleinement partie. Les Dragonnes devront, cette fois, finir le travail. Pour effacer définitivement le cauchemar de 2023 et poursuivre leur rêve européen.

Arnaud Demmerlé

Statistiques :

Les gardiennes : Johanna Bundsen (12 arrêts sur 41 tirs) et Sabrina Novotna (0 arrêts sur 2 tirs)

Les joueuses : Chloé Valentini (1/2), Tyra Axnér (0/4), Suzanne Wajoka (5/8), Anna Albek (6/8), Yvana Atangana (0/0), Anne-Emmanuelle Augustine (0/0), Betchaïdelle Ngombele (0/0), Sarah Bouktit (9/11), Lucie Granier (5/6), Léna Grandveau (2/8), Petra Vamos (0/1), Grâce Zaadi (1/2) et Manon Errard (0/0)

Le staff : Emmanuel Mayonnade et Ekaterina Andryushina