Trois matchs, trois marches avant l’épilogue du championnat. Toujours dans l’ombre de Brest au classement malgré un goal-average général monstrueusement favorable, Metz Handball n’a plus le choix : gagner, encore et encore, et pousser les Bretonnes à la faute. Le club de Thierry Weizman accueille, ce samedi 16 mai à 18h, Stella Saint-Maur, lors de la 24ème journée de Ligue Butagaz Energie, avant les grandes échéances à venir.
C’est un paradoxe cruel, un scénario presque absurde. Metz Handball possède la meilleure différence de buts du championnat avec un ahurissant +332, quand Brest plafonne à +233. Une domination statistique écrasante et une impression de puissance continue. Et pourtant, ce sont bien les Bretonnes qui tiennent toujours la corde. La faute à ce satané règlement du goal-average particulier, à ces confrontations directes où tout s’est joué sur des détails, jusqu’au nombre de buts inscrits à l’extérieur. Et le plus rageant dans tout cela, c’est que Brest a probablement fait le plus dur la semaine dernière, en allant s’imposer à Chambray (25-28) malgré une première période totalement cataclysmique. Les Finistériennes ont évité le piège qui pouvait tout relancer. Le scénario reste limpide pour l’équipe d’Emmanuel Mayonnade à trois journées de la fin : faire le plein, maintenir la pression et attendre un faux-pas adverse qui n’arrivera peut-être pas. Mais dans le sport de très haut niveau, tant qu’il reste une ouverture, même minuscule, il faut s’y engouffrer. Les Dragonnes le savent et elles n’abandonneront rien. Ce n’est pas le genre de la maison et encore moins dans l’ADN du club.
Le mois de tous les dangers… et de tous les rêves
Et puis au-delà du championnat, c’est maintenant que la saison messine bascule dans une autre dimension. Le 24 mai, il y aura la finale de Coupe de France face à Dijon dans l’écrin de l’Accor Arena. Puis viendra rapidement Budapest et le Final Four de Ligue des Champions, les 6 et 7 juin. Le sommet absolu du handball européen. L’endroit où Metz Handball rêve enfin de s’asseoir sur le toit du continent. Alors forcément, Emmanuel Mayonnade va d’ici là devoir jongler, gérer, préserver et faire tourner sans casser la dynamique. Un équilibre infernal dans ce sprint final où chaque minute compte désormais double. Absentes lors des deux dernières rencontres, Sarah Bouktit et Betchaïdelle Ngombele seront-elles de retour ce samedi ? Deux rotations majeures dans l’impact physique et la densité défensive messine. Et puis il y a Petra Vámos. L’internationale hongroise manque terriblement à cette équipe depuis de longues semaines. Son retour reste attendu comme une arme supplémentaire avant les rendez-vous XXL qui arrivent. Mais même avec un effectif remodelé, Metz Handball reste cette machine collective, cette équipe capable d’étouffer n’importe qui quand elle monte en température. Et aux Arènes, lors de cette avant-dernière sortie de la saison régulière à domicile, le public messin attend une réponse claire : voir une équipe encore affamée.
Stella quasiment sans pression
Sur le papier, l’affiche paraît déséquilibrée entre Metz Handball et Stella Saint-Maur. Mais ce genre de match est souvent piégeux. Douzième de Ligue Butagaz Énergie avec 35 points, Stella Saint-Maur a (quasiment) validé son maintien et peut désormais jouer libérée. Le club val-de-marnais affiche un bilan de six victoires pour dix-sept défaites, mais reste sur une démonstration capitale contre Sambre Avesnois (40-29), un succès qui a définitivement ou presque sécurisé sa place dans l’élite. Cette équipe est également capable de coups d’éclat à domicile comme l’ont montré ses victoires contre Plan-de-Cuques et Nice en 2026. Mais Metz Handball est dans une autre galaxie. Au match aller, il avait déroulé dans le Val-de-Marne (20-40), lors d’une soirée à sens unique marquée par le clinique 9/9 de Sarah Bouktit, mais aussi par les envolées sur les ailes de Suzanne Wajoka et Lucie Granier. Cette fois, le contexte sera différent : Stella Saint-Maur viendra sans pression et avec quelques arguments. Le principal porte un visage bien connu des Arènes : Deborah Kpodar. L’ancienne Messine réalise une saison solide et s’affirme comme la véritable arme offensive de son équipe. Avec 103 buts inscrits sur 194 tirs, soit 53,09 % de réussite, elle pointe au douzième rang des meilleures marqueuses du championnat. Autour d’elle, Djénéba Touré apporte également beaucoup de percussion sur la base arrière. Et dans cet effectif, les supporters messins reconnaîtront aussi Meissa Maurice, formée au club.
Une chose est sûre : Metz Handball sait parfaitement ce qu’il lui reste à faire : gagner, continuer d’avancer, entretenir la flamme et transformer cette avant-dernière soirée aux Arènes en nouvelle démonstration de force avant les gigantesques échéances qui arrivent. En mai et en juin, les Dragonnes n’avancent de toute façon plus simplement vers des matchs. Elles marchent sur un fil, entre rêve absolu et saison réussi, mais avec des regrets.
Arnaud Demmerlé

