Il y a des étoiles qui changent une saison. Et d’autres qui changent une histoire. Trois mois après avoir touché le sommet, les championnes d’Europe remettent déjà leur couronne en jeu en Ligue des Champions, face à Storhamar, ce samedi 5 septembre (18h). Pas pour la défendre. Pour repartir à sa conquête.
C’est reparti pour l’aventure européenne. Trois mois seulement après avoir écrit la plus belle page de son histoire, Metz Handball retrouve la Ligue des Champions sur le parquet de Storhamar pour lancer sa campagne 2026-2027. Trois mois que les Dragonnes et tout un club vivent sur un petit nuage. Trois mois que les images du MVM Dôme continuent de défiler dans les têtes messines et celles de leurs supporters. Cette folle épopée, presque irréelle : d’abord cette demi-finale maîtrisée face au CSM Bucarest, puis ce dimanche de juin entré pour toujours dans la légende, avec le triomphe en finale contre l’ogre Györ. Une première pour les Messines. Une première, surtout, pour le handball féminin français, jamais sacré jusque-là sur le toit de l’Europe.
La Ligue des Champions reprend ses droits et avec elle, les compteurs sont remis à zéro ou presque. Metz Handball n’entame pas cette nouvelle campagne pour défendre son titre, mais part à la conquête d’un deuxième sacre, dans une compétition qui promet déjà d’être féroce. Car cette étoile désormais cousue sur le maillot ne protège de rien. Elle attire les regards, décuple les ambitions adverses et impose une exigence supplémentaire. « Quand on y repense, on a encore les larmes aux yeux mais il faut vite passer à autre chose. Il faut aller chercher le plus beau qui est à venir. J’ai les crocs », lançait Léna Grandveau cette semaine en zone mixte.
Un premier piège
Et pour démarrer cette nouvelle aventure, les Dragonnes n’ont pas hérité du déplacement le plus confortable. Direction Hamar, en Norvège, pour y défier Storhamar. Un premier voyage piégeux. Léna Grandveau le sait mieux que personne. Il y a deux ans, c’est justement sur ce parquet que la saison européenne messine avait commencé, dans la douleur. Metz Handball avait alors arraché le match nul, 29-29, grâce à un but de la demi-centre internationale français – qui faisait alors ses débuts sous ses nouvelles couleurs – quasiment au buzzer. Storhamar n’est peut-être pas le nom le plus clinquant du plateau continental, mais le club norvégien a régulièrement donné du fil à retordre aux Dragonnes. La saison dernière encore, Metz Handball n’avait pas connu une promenade de santé là-bas, avec une victoire finalement acquise de trois buts seulement (24-27). « Là-bas, c’est très, très dur », prévient Léna Grandveau. « Ça va être un gros combat et c’est une autre dimension. C’est la Ligue des Champions. C’est le premier match. Il va falloir mettre encore plus que ce que l’on a montré depuis le début de la saison. »
La formation norvégienne n’avait pris l’an dernier que la septième place de sa poule et n’avait pas décroché son billet pour les barrages, avec seulement trois victoires pour onze défaites. L’été a également emporté plusieurs cadres : Veronika Malá a pris la direction de Gloria Bistrita, Anniken Obaidli est partie du côté de Molde et Pernille Brandenborg a également quitté le club. Une équipe profondément renouvelée, qui a notamment enregistré le retour de l’internationale norvégienne Ane Cecilie Høgseth, après deux saisons à Ikast. Mais il reste du talent à Hamar. À commencer par Eli Marie Raasok, l’une des gardiennes les plus solides de la scène européenne, capable à elle seule de faire basculer une rencontre et contre qui les Dragonnes devront se montrer lucides et cliniques.
Les Dragonnes, forcément attendues
Metz Handball arrive en Norvège avec deux matchs officiels et deux victoires dans les jambes. D’abord à Paris 92, puis mercredi aux Arènes face à Plan-de-Cuques. Deux succès, deux premiers pas solides, même si tout n’est pas encore parfaitement huilé. « On voit les petits points à travailler », reconnaissait Léna Grandveau après le succès face aux Provençales. « Ce n’est que le deuxième match. Il était aussi question de premières pour certaines joueuses aux Arènes. Donc, ça va se mettre en marche tranquillement. » Car cette équipe 2026-2027 doit encore apprendre à se connaître. Les changements sont finalement peu nombreux, mais ils sont importants. Au poste de pivot, Lilou Pintat et Lyndie Tchaptchet découvrent un nouvel environnement et une nouvelle exigence. « C’est à nous de leur montrer qu’ici, c’est l’exigence qui prime. »
Kristina Jorgensen effectue, elle, son retour en Moselle et apporte déjà une dimension supplémentaire à l’effectif messin. Dans les cages, Sabrina Novotna n’est pas une recrue, mais elle incarne l’une des nouveautés majeures de ce début de saison en occupant le rôle de titulaire. Une équipe qui n’est logiquement pas encore à 100%, donc, mais déjà compétitive. Et surtout terriblement attendue sur la scène où elle a bouleversé l’histoire il y a trois mois. Cette fois, tout le monde sait ce dont Metz Handball est capable. L’étoile est désormais sur le maillot. Mais samedi soir, en Norvège, tout recommence ou presque à zéro.
Arnaud Demmerlé

