Après un début de saison aussi spectaculaire qu’impressionnant, Metz Handball s’apprête à changer de dimension. Les Dragonnes accueillent Gloria Bistrita, ce dimanche 13 septembre (16h), pour leur premier rendez-vous européen à domicile. Un adversaire roumain ambitieux, quart de finaliste de la dernière Ligue des Champions, et sans doute le premier véritable révélateur de ce début de saison.
Il y a des débuts de saison qui rassurent. Et puis il y a ceux qui marquent les esprits. Depuis la reprise, Metz Handball ne fait pas dans la demi-mesure. Paris 92 balayé (21-46), Plan-de-Cuques maîtrisé (31-22), Nice surclassé (41-19) : les Dragonnes ont lancé leur saison à une cadence infernale en Ligue Butagaz Energie dont elles sont les seules en tête après la chute du rival brestois. Et comme pour confirmer que cette machine était déjà prête à voyager, les Messines ont parfaitement négocié leur entrée en Ligue des Champions, le week-end dernier, sur le parquet de Storhamar (23-32).
Mais l’histoire sera sans doute différente ce dimanche, aux Arènes. Parce qu’après les démonstrations, vient le temps de la confrontation. Celui où l’adversaire répond coup pour coup. Celui où chaque possession pèse un peu plus lourd. Gloria Bistrita arrive en Moselle avec une ambition assumée et un statut qui interdit toute forme de légèreté.
Bistrita, l’outsider qui avance sans bruit
Ce sera donc le premier vrai test. Non pas parce que Metz Handball n’a rien montré depuis le début de la saison. Bien au contraire. Les Dragonnes ont déjà envoyé des signaux extrêmement forts, avec une attaque en pleine confiance et une capacité à étouffer leurs adversaires. Mais Gloria Bistrita appartient à une autre catégorie. Cette formation roumaine est capable de jouer les premiers rôles sur la scène continentale. Quart de finaliste de la dernière édition de la Ligue des Champions, sorti par le BBH, elle a n’a rien d’un invité surprise dans cette poule. Derrière Metz Handball, Györ et Odense, elle possède très certainement les arguments pour jouer le rôle d’outsider le plus dangereux du groupe. Elle l’a immédiatement démontré lors de la première journée en allant s’imposer sur le terrain du HSG Blomberg-Lippe (23-28).
Et elle possède surtout des individualités capables de faire basculer une rencontre. À commencer par la géniale Danila Patricia So Delgado Pinto. À seulement 24 ans, l’arrière gauche possède ce mélange rare de puissance, d’explosivité et de culot qui peut faire très mal. Sept buts sur quatorze tentatives lors de la première journée. Son jump, son bras et sa capacité à créer quelque chose là où il ne semblait rien y avoir en font une joueuse exceptionnelle. Autour d’elle, l’arrière droite allemande, Nina Engel, apporte sa qualité de tir alors que la Japonaise Asuka Fujita amène sa vitesse et son activité sur l’aile droite. Mais le véritable cerveau de cette équipe est sans conteste Larissa Nüsser. La demi-centre néerlandaise fait partie des très bonnes joueuses européennes à son poste. Intelligente, instinctive, capable de lire une défense en quelques secondes et de trouver la solution juste, son influence sera forcément l’un des grands enjeux de la rencontre.
Une défense qui commence à parler fort
Côté messin, les dernières sorties ont surtout confirmé une évolution majeure : Metz Handball a franchi un cap défensivement après les départs notables de Sarah Bouktit et Johanna Bundsen. Sur les deux derniers matchs, les Dragonnes ont trouvé une densité, une agressivité et une cohérence qui changent la physionomie des rencontres. Au cœur du système, Kristina Jørgensen forme, avec Lilou Pintat ou Lyndie Tchapchet Defo, une paire centrale aussi complémentaire que prometteuse. Derrière, l’attaque est déjà remarquablement rodée. Et Emmanuel Mayonnade a également eu l’intelligence de gérer ses forces vives dans cette semaine à deux matchs. Anna Albek était absente de la feuille de match contre Nice. Léna Grandveau, Lucie Granier et Chloé Valentini ont, elles, assisté depuis le banc à la démonstration de leurs partenaires. Une rotation précieuse à l’heure d’aborder une saison où chaque énergie devra être comptée.
Après avoir tant dominé leur sujet jusqu’ici, les Dragonnes sont-elles prêtes à confirmer face à un adversaire d’un autre calibre ? Dimanche, à 16 heures, les Arènes auront peut-être déjà un début de réponse. Et dans le vacarme d’une grande après-midi européenne, le premier vrai test pourrait bien ressembler à un premier grand rendez-vous.
Arnaud Demmerlé

